Coup d’État au Burkina : le CDP disposé à accompagner la junte  

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Suite au  coup d’État survenu ce 24 janvier 2022, le vice-président du Congrès pour la Démocratie et du Progrès (CDP) du CDP, Achille Marie Joseph Tapsoba, dans une déclaration, appelle à répondre à l’appel des nouvelles autorités, afin de les soutenir et de les accompagner en ce tournant décisif de l’histoire du Burkina Faso.

« Le Congrès pour la démocratie et le Progrès (CDP), Parti social-démocrate, fondé par le Président Blaise COMPAORE, a suivi avec attention, les récentes évolutions de la situation nationale et exprimé à maintes reprises sa préoccupation quant à la dégradation du climat socio-sécuritaire des suites des attaques terroristes perpétrées dans plusieurs régions de notre pays.

L’incapacité du pouvoir de Roch Marc Christian KABORE, du MPP et de ses Alliés et la mal-gouvernance dans laquelle il baignait depuis maintenant plus de 6ans ont créé les conditions de la survenue d’un coup de force militaire perpétré par des éléments de toutes les composantes des forces Armées Nationales constitués en Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration (MPSR), le 24 janvier 2022.

Faut-il le rappeler, notre pays, le Burkina Faso, a connu dans son histoire récente de 1960 à nos jours, 4 régimes républicains et 7 régimes d’exception. Le dénominateur commun de la survenue des coups d’arrêts anticonstitutionnel des régimes démocratiques est la mal-gouvernance sur fond de corruption, de gabegie, d’atteinte graves aux libertés fondamentales individuelles et collectives et abus de pouvoir. La présente situation semble obéir à cette règle.

En effet, le constat presqu’unanime était établie sur la gouvernance calamiteuse du Président Roch Marc Christian KABORE, son MPP et Alliés ayant conduit en 6 ans notre pays dans le désastre sécuritaire, socio-économique et politique, marqué entre autres par :

L’occupation de presque 2/3 du territoire, écumé par les groupes terroristes ;

Le déplacement massif de plus de 1,5 millions de personnes à l’intérieur du Burkina ;

Des milliers de morts aussi bien dans les rangs des FDS, des VDP que des populations civiles ;

La fermeture de plus de 3000 écoles et des services publics ;

l’aggravation des crises intercommunautaires et ethniques ;

la montée vertigineuse de la corruption, de la gabegie ;

la lenteur dans la mise en œuvre de la réconciliation nationale ;

le renchérissement et l’inflation galopante des prix des produits de premières nécessités ;

Le Burkina Faso allait de mal en pis. La mauvaise gestion de la crise sécuritaire et l’absence de stratégie en la matière, ont contribué à la survenue de drames comme celles de YIRGOU, SOLHAN, INATA, FOUBE et autres.

Face à la dégradation vertigineuse de la sécurité et la gouvernance catastrophique du Parti au pouvoir notre Parti, seul ou de concert avec d’autres partis de l’opposition a plusieurs fois élevé la voix pour dénoncer la situation. De même, en réaction à tout cela, les populations, malgré les privations de liberté, les répressions et interdictions de marches, ont manifesté leur soutien aux FDS et VDP, exprimé leurs préoccupations et marqué leur désapprobation de la gouvernance du pouvoir en place à travers des marches et des meetings dans tout le pays. Ces dernières manifestations en date, réprimé par le pouvoir furent celles du 27 novembre 2021 et du 22 janvier 2022, appelant à la démission du Président Roch Marc Christian KABORE.

C’est dans ce contexte populaire de manifestation, traduisant le retrait par le peuple de son mandat au président Roch Marc Christian KABORE et face à l’entêtement de celui-ci à s’accrocher au pouvoir et ce, malgré les preuves de trahison de son serment constitutionnel que les éléments des FDS, à travers le MPSR ont pris leur responsabilité, entrainant le Président Roch Marc Christian KABORE, à démissionner de ses fonctions présidentielles.

Le CDP, tout en déplorant la prise du pouvoir par une voie non constitutionnelle, et après un examen approfondi de la déclaration à la nation du nouveau pouvoir et du contenu de l’acte fondamental et faisant suite à la rencontre du MPSR avec les représentants de la classe politique burkinabè,

constate la démission du président Roch Marc Christian KABORE de ses fonctions de Président du Faso ;

prend acte de la prise de pouvoir par le MPSR, présidé par le Lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, au regard des circonstances ayant prévalu à cela ;

partage le constat du MPSR sur « la dégradation continue de la situation sécuritaire qui menace les fondements même de notre nation, de l’incapacité manifeste du pouvoir de Monsieur Roch Marc Christian KABORE à unir les Burkinabè pour faire face efficacement à la situation… »,

Note et apprécie la disponibilité du MPSR à travailler avec toutes les forces vives de la nation pour un large rassemblement afin de faire face aux maux qui assaillent notre peuple,

Prend acte de la volonté du MPSR à travers son premier communiqué et de par sa décision de prise de pouvoir que c’est « dans le seul but de permettre à notre pays de se remettre sur le bon chemin et de rassembler toutes ses forces afin de lutter pour son intégrité territoriale, son redressement et sa souveraineté »,

Adhère à l’appel lancé par le MPSR à tous les « Patriotes, les Africains intègres et tous les amis du Burkina Faso à le soutenir et à l’accompagner en ce tournant décisif de l’histoire de notre pays »,

Appelle le nouveau pouvoir aux respects des libertés démocratiques et des droits humains, comme annoncé dans son communiqué n°1,

appelle le MPSR à mettre au centre de ses actions de gouvernance, la résolution des problèmes vécus par les populations et qui les ont contraintes à organiser des manifestations populaires,

salue les mesures garantissant la liberté des dignitaires du régime déchu et invite le MPSR à engager un processus politique inclusif dans le sens de fédérer les énergies des patriotes sincères et engagés à travailler pour la sauvegarde de la Nation et la restauration de l’intégrité territoriale, ainsi que la restauration de l’ordre constitutionnel dans un délai raisonnable.

Au regard du contexte et des circonstances, l’avènement du MPSR et sa détermination à :

continuer à respecter ses engagements nationaux et internationaux notamment en matière de droits de l’homme

proposer dans un délai raisonnable, après consultation des forces vives de la nation, un calendrier de retour à un ordre constitutionnel accepté de tous ;

réduire significativement les zones sous influence terroriste et les impacts de l’extrémisme violent ;

œuvrer pour le retour progressif de l’administration publique et la réinstallation des PDI dans leurs villages (et localités) d’origine.

Le CDP invite avec insistance les médiateurs de la CEDEAO et la conférence des chefs d’Etat à :

surseoir aux sanctions de principe prise contre le Burkina Faso ;

prendre en compte le fait que le Burkina Faso, étant un pays en guerre contre l’occupation de son territoire et la disparition de sa Nation, la priorité vitale ne réside plus dans la forme de l’Etat et l’instauration d’un régime constitutionnel à n’importe quel prix, mais dans la sauvegarde de la Nation et la reconquête de son intégrité territoriale ;

fonder son analyse de la situation politique au Burkina Faso, en terme d’échec d’un Président démocratiquement élu à assumer sa mission constitutionnelle de maintenir sa nation dans l’existence et son pays dans ses droits territoriaux ;

accepter d’assumer une part de responsabilité dans les situations socio-politiques difficiles que traversent nos pays (Guinée, Mali et Burkina Faso) qui sont en grande partie aux dérives électorales avalisées par la CEDEAO, permettant ainsi l’accès au pouvoir d’individus par le biais de la fraude et de la corruption massive, fermant ainsi l’accès au pouvoir par les urnes et ouvrant le cycle des coups d’arrêt à l’ordre constitutionnel ;

accompagner les pays et les peuples dans la construction du processus démocratique plus solide par la prise de mesure en amont et la résolution des problèmes de gouvernance par les causes et non par les effets
Par conséquent, le CDP marque sa disponibilité et sa volonté affichée à travailler, pour les intérêts majeurs du peuple et pour recouvrer l’intégrité territoriale de notre pays et la réconciliation des filles et fils du Burkina-Faso.

C’est dans ce sens que le CDP, parti rassemblant en son sein des Patriotes, démocrates, Femmes et Hommes intègres répond à l’appel du MPRS afin de « le soutenir et à l’accompagner en ce tournant décisif de l’histoire de notre pays ».

Démocratie-Progrès -Justice

Vive le Burkina Faso

Que Dieu bénisse notre nation !

Ouagadougou, le 2 févier 2022

Pour le Bureau exécutif national,

Le Président par intérim, 1er Vice-Président

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