Covid 19 : 100 % des activités des commerçants affiliés à Burkina Wamédo paralysées

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Dans le contexte de la crise sanitaire du Covid 19, le président de l’association Burkina Wamédo, Ibrahim Ouédraogo alias Hakim, par ailleurs élu consulaire, est revenu, le 15 avril 2020 à Ouagadougou, sur les difficultés éprouvées par les membres de son association et leurs attentes.

L’association est une faîtière qui compte 259 associations affiliées. La plus petite d’entre elles compte 71 membres et la plus grande, plus de 1300 membres. Ces membres sont essentiellement des acteurs du secteur informel, appuyés par des étudiants.
A l’en croire, Burkina Wamédo veut dire en langue Mooré « Venons construire notre pays ». Ce qui sous-entend que personne ne viendra d’ailleurs pour le construire à notre place. L’association fait de son cheval de bataille la transformation et la consommation des produits locaux.
Ses objectifs, promouvoir le secteur privé, promouvoir les produits locaux et leur consommation. « Par exemple, quand vous rentrez dans une administration, vous remarquerez que les meubles ont été importés, or nous avons des compétences nationales qui auraient pu en fabriquer », explique t-il.
« On peut dire que 100% de nos membres sont touchés par la pandémie du Covid 19. C’est un choc fatal. Presque toutes les activités sont aux arrêts », avance-t-il, en révélant que la troisième édition de la foire « Burkin Daaga » qui devait se dérouler du 23 au 29 mars a été annulée, eu égard à la mesure interdisant les rassemblements supérieurs à 50 personnes.
« Nous avions réalisé d’énormes pertes financières, car nous avions entamé les travaux préparatoires, avec l’impression de plus de 3 000 affiches publicitaires, plus de 3 000 flyers, des spots publicitaires. Des avances sur les factures avaient été déjà été honorées auprès de certaines radios et télévisions qui relayaient l’information », regrette-t-il.
« Les membres vivaient au jour le jour. L’arrêt des activités les paralyse individuellement, surtout avec le couvre-feu qui part de 19h à 5 h du matin. Au nombre d’entre eux, il y a les bouchers, les barmans, les vendeurs de poissons braisés, les vendeuses de fruits et légumes », note-t-il, en s’interrogeant sur la justesse des mesures de confinement et de quarantaine.
Au nom des petits commerçants, martèle-t-il, la mesure est mal vécue et elle est insupportable. De ses explications, aux marchés de Rood Wooko et de Dassasgho, les commerçants d’attroupent à plus de 300 parfois, à l’ombre pour ruminer leur colère. A l’en croire, les autorités auraient dû échanger avec les commerçants avant de prendre des mesures adéquates.
Il rappelle que lors d’une rencontre d’informations sur le Covid 19 avec les autorités, il avait proposé de fermer 8 des 12 Portes du marché de Rood Wooko pour ne laisser que 4. Puis il a souhaité que le ministère de la santé et de la sécurité disponibilisent des agents pour les contrôles sanitaires et de sécurité et les activités de sensibilisation. « Nous avions souhaité avoir le dispositif de désinfection et des masques à des prix forfaitaires aux portes », note-t-il.

Maintenant, on attend de voir la clé de répartition des vivres

Au cas où la maladie prenait l’ampleur qu’on envisageait fermer les marchés, on a posé la question de savoir ce que le gouvernement ferait pour les commerçants. Sans réponse, c’est par voie de presse qu’on a appris la fermeture des yaars et marchés.
A la question de savoir ce que deviennent les commerçants avec la fermeture desdits marchés, monsieur Ouédraogo a indiqué c’est la souffrance, la galère totale, la catastrophe totale. « Dès les premiers instants, certains se débrouillaient avec leurs petites économies, mais d’autres n’en avaient pas du tout ». Il implore le gouvernement à prendre des mesures simples pour réduire la propagation de la maladie.
Il a relevé qu’à cause de la faim, certains sont obligés de braver les interdictions pour travailler. De son avis, « mieux vaut mourir de maladie que de faim ».
Que fait l’association pour venir en aide à ses adhérents ? Il répond que, sans verser dans le populisme, sa structure a distribué des masques, des savons, des gels et du riz. « Chaque jour que Dieu fait, nous recevons des appels et nous faisons ce que nous pouvons».
Comment apprécie-t-il les mesures d’accompagnement du chef de l’Etat ? En tous cas, nous les avons bien accueillies. Maintenant, on attend de voir la clé de répartition des vivres et des non vivres, a-t-il soutenu. Cela dit, il poursuit « nous prions les autorités à bien vouloir diligenter le fonds de redressement de notre économie qui tourne à perte ».
Bertille KABRE

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