Crimes de Tanwalbougou : « Mon cousin a été exécuté d’une balle dans la tête », le député-maire Aziz Diallo

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Présent à la conférence de presse du Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC) pour avoir perdu son cousin, le député-maire de Dori, Aziz Diallo, a donné sa part de vérité sur les circonstances suspectes de son décès.

De ses explications, le regretté, résidant initialement dans le Yagha, a fui les terroristes pour se réfugier à Fada N’gourma. Il y vivait depuis peu et c’est au cours de son passage, le lundi 11 mai à Tanwalbougou qu’il a été arrêté, sans pouvoir donner de ses nouvelles. C’est dans ces circonstances qu’il a été alerté. Aussitôt après, il a joint le frère du défunt vivant dans le Sahel qui est venu à Ouagadougou et c’est ensemble qu’ils sont partis  à Fada N’gourma. Après avoir recueilli quelques informations, ils se sont rendus à la morgue de ladite localité.

« Nous avons échangé avec le procureur du tribunal de grande instance de Fada N’gourma et le directeur général du Centre hospitalier régional qui ont dit que les corps avaient été conditionnés dans des sacs…Si on les ouvrait pour procéder à l’identification des corps, ce n’était pas évident qu’ils puissent les remettre en l’état avant de procéder à l’enterrement », a-t-il déclaré.

 

La proposition qu’ils ont faite, poursuit-il, c’est que les  corps soient transférés au cimetière. C’est seulement sur place que les sacs pourraient être ouverts pour  permettre aux  familles d’identifier les corps des défunts. ..

« Nous avons accepté le principe et envoyé des gens au cimetière pour creuser la tombe de mon cousin. Ce sont ces derniers qui ont été chargés de creuser celles des autres, enterrés dans une fosse commune. Le procureur a appelé le maire de Fada N’gourma pour lui demander d’envoyer des détenus pour creuser les tombes. Quand les détenus sont arrivés, on avait déjà fini de les creuser.

C’est le corbillard qu’on a loué pour notre cousin qui a finalement transporté tous les  autres corps au cimetière. Il y  a des  membres de notre famille qui étaient en  train de porter les corps dans le corbillard et c’est là qu’un des nôtres a reconnu le corps de mon cousin par les habits qu’il portait. Ils ont décidé d’ouvrir le sac qui le couvrait pour s’assurer de l’avoir bien identifié. Ils ont ouvert le sac, c’était un film d’horreur. Ils l’ont clairement identifié et avec l’impact de la balle qui l’a touchée. Ils l’ont bien identifié et bien identifié la cause de sa mort. Notre cousin ayant été identifié, il a été enterré séparément dans la tombe qui avait été préparé à son intention.

On avait convenu à la morgue que les corps allaient être ouverts au cimetière pour identification. A notre entendement, soit la gendarmerie soit le procureur  allait se présenter  au cimetière pour  procéder à l’identification des corps. Aucune de ces autorités n’est venue là-bas. La seule autorité sur place était le commandant de la police municipale qui s’est présenté à nous comme dépêché par le maire de Fada N’gourma pour présenter ses condoléances et assister à l’inhumation. C’est lui qui coordonnait même la venue des détenus, venus pour nous aider. Il était là, avec le président d’une commission du conseil municipal. Ils n’étaient pas là pour représenter les autorités militaires et judiciaires. Je précise qu’il n’y a eu aucune identification formelle des corps, jusqu’à ce que les corps soient entreposés dans la fosse commune que vous avez vue et nous avons procédé à une prière commune, avant de procéder à l’enterrement.

Il n’y a aucun doute, toutes ces 12 personnes ont été exécutées de manière systématique. Il y avait plus de 300 personnes au cimetière et l’avis le plus partagé, c’est qu’ils ont tous été exécutés. Je précise que mon cousin a reçu une balle dans la tête. Je n’ai pas ouvert le sac des autres, mon témoignage ici n’est pas scientifique, mais mon cousin a été exécuté d’une balle dans la tête…. Je vais me retenir pour ne pas tomber dans l’émotion, parce que je pourrais dire certaines choses ici. Je précise que suis ici en tant que parent de la victime, Je sais ce que j’ai comme responsabilité en tant  que  député », foi de Aziz Diallo qui a signalé  qu’il a parcouru des pays comme le Libéria et la Sierra Léone, où il a été témoin d’horreurs, mais il n’imaginait pas vivre un tel scénario dans son  pays, le Burkina Faso.

 

 

Christian N. BADO

Ecoburkina.info

 

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