Crise du Covid-19 : Le taux de croissance économique chuterait à 2% au Burkina Faso

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Au niveau national, le Burkina Faso est durement frappé par la pandémie du coronavirus en enregistrant ses premiers cas d’infection sur le territoire le 09 mars 2020. A la date du 16 mai, il est enregistré au total 796 cas positifs dont 652 guérisons et 51 décès, soit environ 82% de taux de guérison et 6,4% de létalité. Cette pandémie entraîne d’importantes perturbations économiques, sociales et budgétaires.

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Ainsi, le taux de croissance de l’économie, après être ressorti à 5,7% en 2019 contre 6,8% en 2018, chuterait à 2,0% en 2020 sous l’impact des effets du coronavirus, contre 6,3% en scénario tendanciel, soit une perte de 4,3 points de pourcentage.

Le taux d’inflation annuel moyen se situerait en hausse de 3,9% en 2020 après une baisse de 3,2 en 2019.

Dans le secteur des mines, en mars 2020, la production totale d’or industrielle est évaluée à 4,406 tonnes contre 3,950 tonnes le mois précédent, soit une hausse de 11,6%. Cette production est en baisse de 3,4% par rapport au même mois de l’année passée. Au total, la production d’or fin est ressortie à 12,954 tonnes au premier trimestre de l’année, en baisse de 1,0% en glissement annuel.

Au niveau des finances publiques, à fin mars 2020, les recettes propres du budget de l’Etat ont été mobilisées à hauteur de 412,5 milliards de FCFA contre 408,3 milliards de FCFA à la même période en 2019, soit une hausse de 1,0%. Quant aux dépenses totales du budget de l’Etat, elles ont été effectuées à hauteur de 558,1 milliards de FCFA contre 427,3 milliards de FCFA à la même période en 2019, soit une hausse de 30,6%.

L’encours de la dette publique est estimé à 3 888,24 milliards de FCFA au 31 décembre 2019 contre 3 366,46 milliards de FCFA à la même période en 2018, soit une hausse de 15,50%. Il est constitué de 55,03% de dette extérieure. L’encours de la dette hors nouveau tirage est projeté à 3 936,07 milliards de FCFA à fin février 2020 et à 3 975,43 milliards de FCFA à fin mars 2020.

Au niveau des échanges extérieurs, les exportations totales du mois de mars 2020 se sont affichées en valeur à 190,6 milliards de FCFA contre 170,1 milliards de FCFA un mois plus tôt, correspondant à une augmentation de 12%. Elles ont été destinées en premier à l’Europe à 72,7% dont 95,0% en Suisse, ensuite à l’Asie à 14,8% dont Singapour (53,3%), l’Inde (16,9%) et la Chine (1,2%) et enfin à l’Afrique à hauteur de 12,3% dont la Côte d’Ivoire (20,5%), le Ghana (12,2%) et le Togo (5,6%).

Les importations totales quant à elles, se sont situées à 195,6 milliards de FCFA contre 198,3 milliards FCFA le mois précédent, en recul de 1,3%. Les zones de provenance sont d’abord l’Asie avec 33,8% dont la Chine (33,9%) et l’Inde (14,5%), ensuite l’Europe avec 32,8% dont l’Allemagne (17,1%), la France (16,6%) et les Pays-Bas (14,3%) et enfin l’Afrique avec 27,6%, dont le Ghana (21,1%), la Côte d’Ivoire (18,3%), et le Togo (12,9%).

Concernant la masse monétaire, elle s’est inscrite en hausse de 193,7 milliards de FCFA (+4,8%), se situant à 4 250,1 milliards de FCFA à fin février 2020 contre 4 056,4 milliards de FCFA à fin décembre 2019.

En somme, l’analyse de la conjoncture économique au premier trimestre de l’année 2020 montre des perspectives défavorables au plan national et international qui marqueraient toute l’année au regard des importantes perturbations économiques, sociales et budgétaires qu’engendre la crise sanitaire du coronavirus. Ces effets se ressentiraient au plan intérieur par le ralentissement de l’activité économique dans l’ensemble des secteurs d’activité primaire, secondaire et tertiaire en raison du recul des investissements privés et dans les Bâtiments et Travaux Publics, la mauvaise orientation des activités de transport, de commerce, de restauration, de l’hébergement et la suspension de certaines manifestations à caractère international, etc. Le taux d’inflation en baisse en 2019 se situerait en hausse en 2020 en lien avec la rupture des chaines d’approvisionnement internationales en produits intermédiaires et sur le marché des produits de base.

Au regard de cette conjoncture défavorable, l’Etat devrait :

  1. Poursuivre les efforts de maîtrise de la pandémie tout en allégeant certaines mesures de confinement, de quarantaine et de restrictions ;
    Valoriser les initiatives locales privées de lutte contre la maladie ;
    3. Fournir les kits de test du coronavirus aux structures de santé publiques et privées pour des tests à grande échelle ;
    4. Approvisionner en quantité suffisante le marché en masques et produits désinfectants ;
    5. Conduire des opérations périodiques de désinfection des lieux stratégiques tels les marchés et yaars, les services publics et privés, etc ;
    6. Imposer une amende aux contrevenants des mesures de port obligatoire du masque ;
    7. Faire une évaluation régulière de l’exécution des dépenses budgétaires (y compris fiscales) en lien avec la pandémie ;
    8. Renforcer le dispositif de contrôle des prix des produits de grande consommation et des produits désinfectants sur le territoire au regard de la hausse projetée de l’inflation ;
    9. Poursuivre les actions de lutte contre le terrorisme, de sécurisation des biens et personnes sur l’ensemble du territoire.

Ecoburkina.info

Source: DCPM/MINEFID

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