Fermeture des marchés : “Nous souffrons, nous vivons la misère, si ce n’est l’enfer”

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Pour limiter la propagation du covid19, les autorités burkinabè ont pris la ferme décision de fermer 36 marchés et tous les autres intermittents. Moins d’une semaine après, le 2 avril 2020, une équipe de reportage s’est rendue sur le marché de Katre yaar pour vérifier le suivi de la mesure.

 

Apres les écoles, les lieux de culte, c’était au tour des marchés de voir leurs portes fermées. Le constat à Katre Yaar montre qu’il est fermé certes, mais ses alentours sont toujours fréquentés par des vendeurs de viandes, de poissons, de fruits et légumes.

En fait, les mesures prises ne sont pas respectées, malgré la descente régulière de la police sur les lieux. Les commerçants indiquent qu’ils ne peuvent faire autrement.
« Nous n’avons pas le choix. Venir au marché est plus qu’une nécessité, car c’est grâce aux ventes régulières que nous arrivons à subvenir aux besoins de nos familles respectives », explique El Hadji Moustapha Sawadogo, responsable du marché.


Souleymane Ouédraogo, vendeur de viande, avance qu’il est obligé de venir dans l’espoir de se faire un peu de sous pour honorer ses dépenses, relatives à la popote de sa famille, ses factures d’eau et d’électricité. Il ajoute d’ailleurs qu’il a contracté un prêt dans une caisse à laquelle il doit encore la somme de 125 000F CFA. Il se demande bien comment il pourra honorer ses engagements, s’il se confinait à la maison.

Tout aussi angoissé, Arsène Kagambèga, vendeur de poisson, relève que les choses ne se passent pas si bien. Sa foi, ses gains journaliers sont passés de 200 000 F CFA à 32 000 F CFA. Boukaré Zoungrana, parqueur, confirme la baisse brutale de leurs avoirs. Il soutient s’en tirer avec 1000 F CFA là où il gagnait 5000 F CFA, le jour. La raison, il explique que les clients ont déserté le marché.

Une cliente Clarisse Lalsaga ne le contredit pas vraiment. Elle signale que sa famille a déjà fait ses provisions ; qu’elle est juste là pour payer des feuilles. A l’en croire les prix des condiments n’ont pas connu une hausse.
La question est de savoir à quand la fin de cette galère ?

Bertille KABRE

Ecoburkina

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