Lutte contre le terrorisme : « Tanwalbougou est devenu le cimetière de la communauté »

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Le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC) a animé une conférence de presse, ce 18 mai 2020 à Ouagadougou, pour faire le point sur les évènements malheureux intervenus à Tanwalbougou dans la région  de l’est du pays.

 

Le secrétaire exécutif su CISC, Dr Daouda Diallo, a dit qu’il a conduit une délégation sur le terrain, à Tnawalbougou et à Fada N’gourma. A l’occasion, la structure a rencontré des leaders religieux, des élus locaux, des présidents de comité villageois de développement, des survivants des massacres, des parents de victimes et des témoins des enlèvements, entre deux séances de travail avec la section locale du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP).

Il ressort, a-t-il dit : « les  suppliciés ont été enlevés manu militari, le jour et non la nuit, aux environs de 13 heures, dans  le marché de Pentcangou, par des éléments de la gendarmerie, renforcés par des Volontaires pour la défense de la patrie. Bastonnés, humiliés, ils ont été rassemblés comme du bétail, avant d’être emmenés dans deux véhicules 4 + 4, dit-on,  vers l’est, c’est-à-dire la gendarmerie de Tanwalbougou ».

A l’en croire, certains survivants doivent leur salut à l’agilité de leurs jambes ; d’autres, à la magnanimité de leurs amis d’ethnie gourmantché qui ont osé les cacher dans leurs maisons.

 

De ses explications, images à l’appui, les victimes ont été purement et simplement exécutés par les éléments du chef de poste de gendarmerie et les volontaires pour la défense de la patrie. A l’entendre, ce dernier se vanterait d’avoir tué une centaine d’hommes du même groupe ethnique.

 

Pour lui, le massacre du lundi dernier n’est pas un acte isolé. « Tanwalbougou est devenu le cimetière de la communauté peule. Des corps sans vie ont été abandonnés à ciel ouvert à portée des charognards. On parle de cinq, six ou huit corps par-ci et par-là. Notre délégation a pu voir par elle-même six corps sans vie à quelques encablures du CSPS de la localité », a-t-il argué.

 

Ce qui fait, a-t-il déclaré, que les hommes et les femmes qu’il a vus sont à la fois tétanisés, hébétés, dégoutés et fatigués. Il en appelle à faire la différence entre peuls et terroristes, sans verser dans l’amalgame, car pour lui, tout peul n’est pas terroristes et ceux qui le sont, sont des hors-la-loi à traiter comme tels.

 

Christian N. BADO

Ecoburkina.info

 

 

 

 

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