Réouverture des marchés : des commerçants résolus à poursuivre le mouvement de protestation

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Au lendemain des premières manifestations de commerçants pour la réouverture des marchés de Naby Yaar et de Sankare Yaar, une équipe de reportage s’est rendue sur les lieux, ce 28 avril 2020.

 

Sur place, elle a trouvé un dispositif de la Brigade anti criminalité (BAC) qui faisait des mains et des pieds pour éviter des attroupements. Après avoir refusé de nous situer sur les raisons de sa présence, le chef de missions a menacé de nous embarquer au cas où un attroupement se formait autour de nous.

Partout des commerçants, amers, déchainés et résolus à se battre pour parvenir à leur fin. « Nous sommes sortis pour manifester notre mécontentement, parce que nous avons faim. On nous a promis la réouverture du marché, mais on a constaté qu’on nous tourne en rond. On ne va pas arrêter le mouvement. Tant que le marché  ne sera pas rouvert, s’il faut  le refaire demain, après-demain, nous serons toujours là », a déclaré Taibo François, vendeur de chaussures.

Selon lui, aucun d’entre eux à Naby Yaar n’a reçu les  vivres du gouvernement.

«  Ça fait 33 jours que nous ne travaillons pas. Là où on mange, c’est là-bas  qu’on va. Je ne sais pas ce que veulent nos dirigeants. J’ai l’impression qu’ils veulent qu’on vole pour nous nourrir », a avancé Mamadou Compaoré.

Fatou Séoné indique qu’elle vient tourner le pouce  devant sa boutique de produits pharmacopées, mais elle ne peut pas vendre, car aucun client ne vient, vu que le public a conscience de la fermeture du marché. «  Je n’ai plus rien, je n’ai pas d’argent, je n’ai pas de vivres.  Nous n’avons pas reçu de riz, ni même de cache nez. De toute façon, on ne veut rien de tout ça. Ce que nous voulons, c’est la réouverture du marché. Que les autorités l’ordonnent, car nous sommes fatigués », poursuit-elle. Son souhait, que l’autorisation tombe dès le lendemain.

Sur le terrain, le maire de l’arrondissement 5, Jean Paul Moné a signalé qu’il a demandé aux commerçants de se mettre en relation, dès aujourd’hui,  avec leur faitière pour la suite. De ses explications, le  maire de la commune de Ouagadougou a entrepris de rencontrer  la faitière des commerçants ; c’est au terme  de cette rencontre qu’une décision sera prise.

Christian N. BADO

Ecoburkina

 

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