Reprise des classes : Stanislas Ouaro court vers un  nouvel échec avec sa date !

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Une nouvelle date fixe la reprise des cours pour les élèves en classe d’examen, le 1er juin 2020. C’est un quatrième rendez-vous fixé d’autorité et unilatéralement par le ministre de l’éducation nationale et de la promotion des langues (MENAPL), Stanislas Ouaro. Le fait est devenu coutumier, malgré les échecs qui vont avec. On se rappelle que les cours avaient été suspendus, sans concertation aucune avec les partenaires sociaux, le 16 mars dernier, pour être programmés le 1er    avril. Ce fut le premier rendez-vous manqué. D’autres suivront encore. Il s’agit notamment du 14 avril et du 11 mai derniers.

 

On aurait voulu que le ministre change de paradigme pour fixer la nouvelle date. Que nenni. Il est encore allé comme à son habitude, sans le moindre égard pour les partenaires sociaux. Les associations des parents d’élève, comme le témoigne leur récente sortie médiatique, et les syndicats des enseignants, ainsi que celui des élèves, ont été pris de court. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il  n’est pas besoin d’être clerc ni même devin pour comprendre que Ouaro se dirige vers un nouvel échec et cuisant. En cela, il peut compter sur la détermination de quelques-uns de ses partenaires qui en ont après lui.

Personne n’a oublié que plus de 700 enseignants ont vu leurs salaires du mois de mars suspendus. On n’oublie pas, selon leur propre foi, qu’ils n’ont pas encore été rétablis dans leurs droits, avec la restitution desdits salaires. On n’oublie pas  que si les salaires ont été rétablis, ils ne l’ont pas été intégralement. Il manquerait ici et là les indemnités de logement et/ou les allocations familiales. On a encore appris que nombre d’entre eux ont vu leurs salaires du mois d’avril suspendus. Aucune autorité compétente ne l’a démenti cependant.

Il est aussi difficilement supportable que, dans le même temps,  le gouvernement, qui a toujours opposé la rareté des ressources à leurs revendications, dresse un  budget de plus de huit (8) milliards de F CFA pour organiser la reprise des cours dans le contexte du Covid-19. Autant d’argent pour doter chacun des acteurs de  l’éducation de cache-nez seulement ? On ne sait pas vraiment ce qui presse. Ne pouvait-on pas faire  l’économie de cette dépense somptueuse, en jouant de patience pour  que la crise sanitaire passe pour ordonner la reprise des classes ? Ainsi donc, on aurait pu s’attaquer à des problèmes structurels, au grand bonheur des élèves et des enseignants qui auront certainement le cœur à l’ouvrage.

Ce qui est affligeant, c’est que le fameux  plan de reprise des classes ne prend pas véritablement en compte les enseignants vacataires qui, depuis la fermeture des salles de classe, n’ont de cesse d’exposer leurs souffrances à la connaissance nos  consciences et en particulier à celles des autorités publiques.

De notre point de vue, le ministre doit répondre. Il doit avant tout résoudre la question des salaires suspendus,  pour espérer une rentrée pédagogique, car il reste  en poursuite, et il le sait très bien, des éléments non moins importants de la plateforme revendicative des professionnels de l’éducation. Là également, il va falloir lâcher du lest. Pas seulement, il devra courageusement étouffer son égo pour associer les représentants patentés et mandatés des enseignants à une table ronde pour trouver des solutions consensuelles. Son collègue des enseignements supérieurs, de la recherche scientifique et de l’innovation l’a fait. Il a appris à notre conscience avoir associé au moins trois syndicats qui ont fait des amendements. Ce qui rend possible la rentrée pédagogique, le 11 mai.  On ne comprend vraiment pas ce qui empêche monsieur Ouaro de tendre la main à ses partenaires !

Christian N. BADO

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